Un élu extrémiste hindou appelle au meurtre d’une actrice bollywoodienne

Culture
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Deepika Padukone est l’héroïne principale du film «Padmavati», accusé de souiller l’histoire indienne. La tête de son réalisateur est également mise à prix.

Deepika Padukone est une des stars les mieux payées du cinéma de Bollywood. À 31 ans, l’actrice est aujourd’hui la cible de nombreuses menaces de mort. Sa tête a même été mise à prix par un membre du parti nationaliste indien.

Son tort? Être l’héroïne principale du film Padmavati, une adaptation cinématographique d’un poème indien écrit au XIVe siècle par un musulman soufi. Un histoire tragique –mais fictionnelle– qui retrace le parcours de la reine hindoue Rani Padmini. Pour éviter de se soumettre à l’empereur musulman Alâ ud-Dîn Khaljî, celle-ci a préféré mourir sur le bûcher de son mari.

L’intrigue a provoqué l’indignation du parti de droite nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) et de ses sympathisants, qui accusent le réalisateur du film de déformer et de souiller l’histoire du pays.

Le tournage interrompu

Furieux que ce long métrage prête supposément à la reine Rani Padmini une liaison romantique avec un occupant musulman soufi –chose que le réalisateur a pourtant niée–, des extrémistes hindous ont débarqué sur le tournage, violenté et menacé de mort certains membres de l’équipe.

Sous pression, le metteur en scène a été contraint de couper certaines scènes. Initialement prévue pour le 1er décembre prochain, la sortie du film a dû être repoussée, tandis que deux États indiens ont tout simplement banni sa diffusion.

1,5 million de dollars à qui aura sa peau

 

 

Suraj Pal Amu, le leader du parti BJP, est allé plus loin en annonçant publiquement (avant de s’excuser) qu’il offrirait 1,5 million de dollars à quiconque aura la tête de la comédienne Deepika Padukone, ainsi que celle du réalisateur Sanjay Leela Bhansali.

Les «femmes démoniaques» doivent «se faire couper le nez», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter: «La jeune caste guerrière de ce pays a le pouvoir de brûler tous les cinémas.» La caste à laquelle Suraj Pal Amu fait référence est celle des Rajput, qui célèbrent la «sati», rite selon lequel l’épouse se brûle sur le bûcher de son mari lorsqu’elle devient veuve. L’élu nationaliste hindou à la tête de l’État d’Uttar Pradesh, Yogi Adityanth, accuse de même le réalisateur d’avoir «heurté les sentiments du public».

D’après la légende, Rani Padmini aurait ainsi décidé, pour sauver son honneur, de s’immoler avec son mari, le roi des Rajput, condamné à mort par l’occupant musulman. Aujourd’hui encore, la reine est considérée comme le symbole de l’honneur féminin, d’où les crispations engendrées chez les partisans d’un hindouisme traditionnaliste. Face à une telle hostilité, The Economic Times rapporte que la police de Mumbai aurait proposé à l’actrice principale et au réalisateur du film une garde rapprochée.

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