Urgent – Haiti : 6 RAISONS DE DOTER LE PAYS D’UN GOUVERNEMENT AU PLUS VITE.

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Depuis la démission du gouvernement Lafontant, le pays est comme sous pilotage automatique avec un gouvernement démissionnaire qui gère des affaires courantes alors que les affaires de la République sont pressantes et urgentes.

Il y a 6 raisons de doter le pays d’un gouvernement au plus vite.

1- PRÉPARER LA RENTRÉE DES CLASSES

Selon le calendrier de l’année scolaire 2018-2019, le 3 septembre prochain les élèves doivent reprendre le chemin de l’école. On ne peut pas se permettre de reporter la rentrée ni la laisser assurer  par un gouvernement dont la préoccupation première est la gestion des affaires courantes et par conséquent dans l’impossibilité de déterminer les grandes lignes stratégiques de l’année scolaire.

En Haïti, en raison de certaines situations de crise politique récurrente, de bouleversements sociaux ou des problèmes économiques, souvent nous n’arrivons pas à respecter le standard international en ce qui a trait au nombre de jours de classes. C’est une situation à éviter cette année.

2- ACCOMPAGNER LE PEUPLE DANS SA QUÊTE DE MIEUX-ÊTRE

Ce n’est pas un secret pour personne, le niveau de précarité du pays atteint son apogée. Le peuple est à bout de souffle. Il lui faut un gouvernement dynamique pour l’aider à faire face à cette situation dégradante héritée, en partie, de l’instabilité chronique que connaît le pays depuis plusieurs décennies.

À chaque période électorale, la population se rend aux urnes afin d’élire des dirigeants à qui elle délègue la noble tâche de l’aider dans sa quête permanente du mieux-être. Aujourd’hui, le pays est sans gouvernement. Or le gouvernement est le principal organe pouvant apporter des soulagements aux souffrances de la population. Depuis une semaine, le président de la République a porté son dévolu sur un homme qu’il estime être capable de porter les promesses de sa campagne et surtout être à l’écoute d’une population en souffrance. Maintenant, il revient aux parlementaires de comprendre ce que veut dire “Urgence” pour une population dont la majorité vit avec moins de deux (2) dollars par jour.

3- STABILISER ET SÉCURISER LE PAYS

Tout le monde l’admet : la stabilité est le premier des biens publics. Sans stabilité l’État ne peut pas réguler l’économie, le marché des produits de première nécessité,  le dollar, l’inflation qui varient à tendance haussière à un rythme vertigineux. Il n’y a pas de stabilité sans sécurité et il n’y a pas de sécurité sans des autorités pleinement investies dans leur fonction.

Aujourd’hui la plus haute instance de sécurité nationale, à savoir le CSPN (Conseil Supérieur de la Police Nationale), est présidée par un premier ministre démissionnaire. Assurer la sécurité d’un peuple est l’un des besoins les plus urgents. Avec la démission du gouvernement, le CSPN a 4 de ses membres ayant un statut démissionnaire (le premier ministre, le ministre de la justice, le ministre de l’intérieur et le Secrétaire d’État à la sécurité publique) c’est-à-dire avec des marges de manœuvres extrêmement limitées.

C’est plus qu’une urgence de doter notre plus grande instance en matière de sécurité de membres complètement responsables.

4- FAIRE REVENIR LA CONFIANCE

Il n’y a pas d’autres moyens de faire revenir la confiance que de passer par la stabilité et la sécurité. Celui qui a la volonté d’investir le moindre centime doit se sentir en sécurité et avoir un minimum de garantie sur son investissement. L’instabilité chasse les investisseurs et effraie les entrepreneurs de la place. S’il n’y a pas d’investissement, il n’y a pas de création d’emplois et au final le peuple n’a rien,  s’il n’y a pas de moyens de combattre la précarité et le chômage.

Pour d’autres économies de la région, notamment celle de la République Dominicaine, le tourisme représente une part importante  du PIB. Ce secteur d’activité économique est florissant ailleurs en raison de la stabilité politique qui règne dans ces pays voisins. Mais en Haïti, la perception d’instabilité chasse les touristes de nos beaux coins de mer et sites touristiques. Il faut faire revenir la confiance pour faire revivre le tourisme national.

5- ÉVITER UN CHAOS INSTITUTIONNEL

Le deuxième lundi de septembre, les députés partiront en vacances jusqu’au deuxième lundi de janvier 2019. Si avant de partir, la politique générale du Premier ministre ne bénéficie pas d’un vote de confiance au niveau de la chambre basse, le pays traverserait une zone de turbulence de plus de 5 mois avec un gouvernement démissionnaire qui fait la gestion des affaires courantes et incapable d’engager l’Etat dans des décisions stratégiques au niveau national et international et dans l’élaboration de grandes lignes de politiques publiques dont la conjoncture recommandent.

Le plus redoutable, les élections pour renouveler la chambre des députés, un tiers du sénat et les municipalités doivent se tenir en 2019 (demain matin). Il faut un gouvernement pour assurer les mises en place dès la fin de cette année sinon la réalisation des élections en 2019 serait hautement hypothétique. Et, aura pour conséquences un parlement dysfonctionnel avec une chambre basse vidée et un sénat fonctionnant avec moins de deux tiers d’ici janvier 2020.

6- PROTÉGER LE PRESTIGE DIPLOMATIQUE DU PAYS

Le pays a plusieurs rendez-vous diplomatiques éminents pour les mois à venir. Ce ne serait pas une bonne image que ce sont des ministres démissionnaires qui assurent la préparation ou des suivies avec de ministres étrangers ou même  participent dans ces rendez-vous aussi prestigieux. Notre pays se fera mal vu à la tribune des Nations Unies à la prochaine assemblée générale si toutes les autres délégations présentes sachent qu’on est incapable de mettre un gouvernement en place depuis 4 mois (d’ici septembre).

Tenant compte de ces principales raisons aujourd’hui, il y a urgence de doter le pays d’un gouvernement. Personne ne sait les limites d’un premier ministre démissionnaire. Se faire Diriger par un gouvernement démissionnaire c’est se faire diriger dans une certaine opacité. Et à l’heure actuelle, le peuple réclame de la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat.

Le Président de la République a joué sa partition en nommant le Premier Ministre Jean Henry Céant, la chambre des députés et le sénat doivent jouer leur part. Le peuple attend avec impatience. Il a besoin d’un gouvernement dynamique pour l’aider à faire face aux différents problèmes sociaux et économiques.

Vive un gouvernement dynamique et soucieux des besoins urgents de la population!

#AvecCéant #PourLaPaix

Camille Bodeau