HAITI-Quand Michel Martelly tape du poing et dit non a son poulin !… ou le retour de Tèt Kalé !

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Haiti, notre pays vit actuellement la plus noire crise politico-socio-économique de son existence. Il faut dire que la situation s’est drastiquement aggravée avec le retour en lice de l’ancien président, Michel Martelly qui, flanqué de son expert en communication Antonio Sola, a eu une entrevue plutôt soutenue avec le Président en exercice, Jovenel Moïse.

Durant cette rencontre au sommet, vexé, fâché indigné et en rogne, Martelly a demandé vertement à son poulain de balayer brutalement tous les conseillers siégeant à ses côtés et il n’a pas fait d’exception; expliquant à Jovenel l’urgence de se défaire également de tous les membres du PHTK, insistant tout particulièrement pour le renvoi, en urgence, de Wilson Laleau, professeur d’université très calé, en théorie … mais totalement ignorant de l’organisation d’un Palais, impotent comme lui seul en gestion politique et, surtout, ne maîtrisant aucune notion réelle de l’administration publique.

Dans les échanges entre membres du PHTK,
on reproche à Laleau la signature de plusieurs contrats douteux particulièrement celui de la construction de l’aéroport international, bloqué par Martelly lors de son quinquennat et vivement conclu par Laleau, juste après le départ de celui-là.

Martelly rend directement responsable Laleau de la hausse des prix de l’essence et des émeutes destructrices qui s’en sont suivies. Il a mis à l’index dans le dossier de pèlerin 5, le Commissaire du Gouvernement Ocname Dameus, le conseiller Zéphirin, “tioul” et prête-nom du Président et son conseiller en sécurité, Vladimir Paraison.

Pour Martelly, Jovenel Moïse, ne devrait nullement cautionner le déguerpissenent forcé et brutal, voire même l’expropriation de ses voisins malheureux vivant dans ce quartier depuis plus de 40 ans.

Martelly a dénoncé vertement le comportement de parvenu du Président de la République. Il a insisté pour expliquer à Jovenel qu’il devait arrêter d’ouvrir l’administration publique à son concurent immédiat, Youri Latortue, qui utilise les structures de AAA et certains sénateurs de la République pour faire main-basse sur des directions générales et occuper les avenues du pouvoirs, qui manœuvre au niveau de la chambre haute pour casser la majorité PHTK en expulsant de manière humiliante et honteuse Kedler Augustin, qui faisait office de président de celle-ci.

Martelly se propose de donner des noms pour aider Jovenel à sortir de cette impasse. Et certains ont été cités : l’ancien Ministre de la Justice Pierre Richard Casimir, Anne Valérie Milfort, entre autres personnalités qui pourraient renforcer l’équipe incompétente, bancale, branlante et en pleine déconfiture du Palais National. Il a aussi vivement souhaité que Christine Coupet joue un rôle beaucoup plus important auprès du président Moïse, estimant que ceux qui avaient servis durant la campagne avaient été humiliés, avilis, exclus et jetés à la poubelle suite aux manipulations et à l’avarice de Wilson Laleau, avide de pouvoir, que Martelly considère comme son ennemi personnel, susceptible, par sa bêtise incommensurable, de lui faire perdre le PHTK ensemble les prochaines présidentielles de 2021.

Il a clairement expliqué à Jovenel que plusieurs personnalités politiques nationales et surtout internationales de tout premier plan, faisaient la queue chez lui, espérant, comptant même que lui Martelly, puisse jouer un rôle fondamental dans la nomination du nouveau premier ministre.

Il a rappelé à Jovenel son propre choix de KPlim pour la gestion commune de la dernière année de son quinquennat, ses ouvertures politiques afin de ramener une paix durable et lui a conseillé le retour aux programmes sociaux mis en branle lors de sa propre présidence, images évocatrices de la mane de Petro Caribe qui fait terriblement défaut à Jovenel.

Sola, de son côté, est revenu en force sur la scène pour travailler sur la question de communication, constatant l’échec lamentable et cuisant dans ce domaine, de l’équipe de la présidence. Cette situation a jeté un froid glacial entre le Palais National et les membres de l’équipe de Michel Martelly.

Les conseillers de Jovenel lui enjoignant d’ailleurs immédiatement de ne point prêter l’oreille aux propos paillards de ce troubadour dépassé qui n’est pas le président et qui a beau jeu de parloter.

Jovenel pourra-t-il rester fidèle à Michel Martelly et trahira-t-il Wilson Laleau, considéré comme son maître à penser et l’éminence grise du Palais National ?

Affaire à suivre avec beaucoup d’attention !!!

Michel Martelly, de son coté, compte donc jouer un rôle pro-actif dans la constitution du nouveau Gouvernement et le choix du Premier Ministre.

D’un autre côté, il faut signaler que Lambert et Bodeau sont au courant de toutes les tractations et rencontres ainsi que des propos tenus par Martelly envers le chef de l’Etat. Ils ne sont pas prêts à soutenir des décisions prises unilatéralement ni à se plier à des noms imposés par quelque soit le leader, notamment Michel Martelly. Ils le répètent fort et haut entre eux et surtout à la chambre des députés, qu’ils n’ont jamais été soutenus par Martelly et n’ont pas reçu d’argent du PHTK pour les aider dans leur campagne.

Ils estiment obligatoire que Jovenel compose avec tous les secteurs de la vie nationale et n’entendent plus accepter aucun membre du PHTK, ni aucun parlementaire choisi comme PM. Ils taperont fort et dur sur toute personne qui accepte d’être nommée et surtout qui serait le pion du président Tet Kalé.

La crise est totale. Jovenel est pris entre le marteau et l’enclume. Le président physiquement, est usé et a vieilli de plus de 30 ans sous la pression de Martelly et du PHTK. Entretemps, les ministres démissionnaires plient bagages et grattent les fonds de tiroirs pour récupérer le moindre sou et consolider leur fortune. Le peuple se meurt et l’opposition se prépare à tourner la clef de la mobilisation pour, cette fois, accompagner la populace à assaulter le parlement, attaquer l’administration publique et s’en prendre aux résidences et biens des ministres présentement en postes !

La situation est explosive et il fait cruellement défaut d’une institution à même de restaurer le tissu social épars et déchiré en menus morceaux par des scandales à répétition au niveau du Palais National et du parlement haïtien.

Plus que jamais, il nous faut une nouvelle voix capable de remettre les pendules à l’heure et donner confiance au peuple pour éviter le chaos.

Caveat Consules !

Jean-Baptiste Cayot, Politologue.