Drapeaux nicaraguayens bleu et blanc au vent, des milliers d’opposants ont défilé jeudi à travers le pays pour exiger le départ du président Daniel Ortega,

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Tandis que des affrontements dans le sud-est du pays ont fait cinq morts.

Selon des informations préliminaires, les incidents se sont produits lorsque des manifestants ont marché à proximité d’un commissariat de police.

Les manifestations organisées dans le pays par l’Alliance civique pour la démocratie et la justice, coalition de l’opposition qui inclut des secteurs de la société civile, sont baptisées “Ensemble nous sommes un volcan”.

Carolina Aguilar, 52 ans, a défilé car elle “en a marre de ce gouvernement qui tue impunément”. “On ne peut pas vivre avec un assassin”, a-t-elle ajouté.

“Je suis ici car je suis mère et ça me fait mal de voir que des jeunes sont morts dans cette lutte contre cet homme sans pitié. Je demande son départ”, a expliqué à l’AFP Rosa Martinez, 59 ans.

Des camionnettes des forces anti-émeutes qui circulaient dans le même secteur de la marche ont provoqué l’inquiétude des habitants et des manifestants.

Ce projet du gouvernement suscite aussi des craintes dans le quartier indigène de Monimbo, au sud de Masaya, où les barricades sont toujours debout, malgré le renforcement de “l’opération nettoyage”, ordonnée par le gouvernement ces dernières semaines.

“Ils ne vont jamais entrer, à moins qu’ils nous tuent tous”, assure à l’AFP un homme cagoulé sur une de ses barricades, chemise et casquette vert olive.

La situation au Nicaragua est critique, a estimé mercredi la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH), devant le conseil permanent de l’Organisation des Etats américains (OEA) à Washington, dénonçant l’aggravation de la répression et chiffrant à 264 le nombre de morts causés par la vague de violence en près de trois mois de protestation.

Très influente au Nicaragua, l’Église catholique joue le rôle de médiatrice entre le gouvernement et l’opposition, en demandant notamment des élections anticipées, mais sans succès: le président Ortega a rejeté samedi cette éventualité.

A Diriamba, la tension est encore montée d’un cran lundi: une centaine de partisans du président Ortega et de paramilitaires ont agressé des prélats catholiques, dont le nonce apostolique (ambassadeur du pape) Stanislaw Waldemar Sommertag, dans une basilique.

“Le nonce a su très bien gérer la situation. Nous n’allons pas protester”, a expliqué le cardinal Pietro Parolin, le cardinal secrétaire d’État à la chaîne catholique italienne TV 2000.